mardi 21 mai 2024

Le méthanier Jules-Verne 

Avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie et la fin du gaz russe, le gaz naturel liquéfié (GNL) retrouve son importance stratégique. Comme il y a soixante ans, quand s’est posé la question de l’acheminement du gaz saharien jusqu’à la France, après la découverte en 1959 du site d’Hassi R’Mel en Algérie. La voie maritime sera préférée à la construction d’un gazoduc reliant l’Afrique du Nord à l’Europe et les études sur le transport à l’état liquide sont lancées, car le volume de méthane se réduit de 600 fois à une température voisine de -160 °C.

STC -mars-avril 1965

Le 17 avril 1963, c’est la pose sur cale des blocs préfabriqués du premier méthanier français aux Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime (ACSM) au Trait, près de Rouen. Deux ans plus tard, le Jules-Verne accomplissait son premier voyage entre l’usine d’Arzew de la Compagnie algérienne du méthane liquide et le port méthanier du Havre. Afin d’approvisionner l’Île-de-France avec ses 25 000 mètres cubes de gaz liquéfié, il continuera ses trente rotations annuelles jusqu’en 1988.

Il n’y avait alors que 4 méthaniers dans le monde. Le géant français de 201 mètres de long est aussi le plus grand d’Europe. Il comporte 6 grands réservoirs de 4 086 m3 et un plus petit de 1 126 m3. Ce sont des cuves cylindriques autoporteuses, donc indépendantes de la coque du navire, réalisées en acier à 9 % de nickel et à très bas carbone. « La jupe des grandes cuves a 18,35 m de diamètre, pour une hauteur totale de 18,62 m », explique l’article paru dans la revue STC. « Les cuves sont placées dans des citernes de section octogonale s’intégrant à la double coque du navire en acier ordinaire, l’isolation thermique étant disposée entre cuves et citernes. »

Le navire a été soudé en presque totalité

« Pour les cuves, on a eu recours au soudage manuel à l’aide d’électrodes enrobées à très haute teneur en nickel. On a pu ainsi répondre aux exigences du cahier des charges, notamment en ce qui concerne les caractéristiques mécaniques à la température du méthane liquide et réaliser de grands ensembles soudés sans traitement thermique après soudage. Les principales difficultés à résoudre ont résidé dans la grande précision requise pour les assemblages, l’impossibilité de réaliser des attaches provisoires pour faciliter l’accostage des éléments entre eux et celle d’effectuer le redressement à chaud des déformations éventuelles. La formation des soudeurs avait fait l’objet de soins attentifs et le contrôle des travaux a été rigoureux. »

Répondre aux contraintes du transport de gaz naturel liquéfié à grande échelle s’avéra être une véritable aventure industrielle avec une coopération féconde entre sociétés françaises de gaz, bureaux d’études, chantiers navals et armateurs.

Frédérique Champigny

Articles

LE  » JULES-VERNE  » A PRIS LA MER (lemonde.fr)
1964.00.Des Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime.Méthanier Jules Verne.Note de présentation | Worms & Cie (wormsetcie.com)
Il y a 50 ans, quand les Français étaient les rois du gaz (usinenouvelle.com)
JULES VERNES Le premier météhanier Français – MEGE-Paris

ENGIE 50 ans d’innovation dans le GNL

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