mardi 21 mai 2024

Indicateur : la conjoncture résiste toujours et offre un bon premier trimestre 2023

Présentes dans toutes les machines industrielles ou mobiles, et dans tous les moyens de transport, les professions d’Artema – l’organisation professionnelle des industriels de la mécatronique – maintiennent le cap pour le 1er trimestre 2023.

Mois après mois, dans un contexte d’extrême prudence, la conjoncture reste toujours convenable pour l’ensemble des professions. Elle souffle même une brise bienvenue de légèreté dans l’atmosphère d’inquiétude ambiante.
Pour l’ensemble des professions, le 1er trimestre montre une belle croissance générale des chiffres d’affaires parfois même à deux chiffres. Certes, cette évolution ne représente pas toujours l’activité pure car elle doit une partie de sa croissance aux hausses de prix généralisées et à des carnets de commande hérités de 2022. Mais elle reste bonne à prendre pour l’ensemble des acteurs.

L’indicateur global Artema reste bien positionné à la fin du mois de mars dans une dynamique de croissance pour les facturations comme pour les prévisions pour les trois prochains mois.
C’est une bonne nouvelle qui ouvre vers un peu plus d’optimisme. Un léger regain d’espoir encouragé par une poursuite de la relative baisse des prix des matières, des coûts et d’une petite amélioration des conditions d’approvisionnement. Le manque de disponibilité de certaines pièces reste néanmoins problématique et bloque encore de nombreux projets.
La nouvelle un peu moins réjouissante, vient de la courbe verte du carnet de commandes qui baisse inexorablement. L’essoufflement des nouvelles commandes qui se ressentait déjà à la fin de l’année dernière chez certains adhérents est très lisible en chiffres avec une baisse nette des commandes dans plusieurs professions pour le mois de mars. Il est vrai que la base de comparaison haute doit être prise en compte car il y a eu beaucoup de commandes en 2022. C’est quand même un signal négatif car le carnet moins garni jouera de moins en moins, dans le futur, son rôle d’amortisseur des fluctuations d’activités sur le chiffre d’affaires.
La plupart des secteurs clients restent solides. L’agroalimentaire comme le machinisme agricole sont désormais loin de l’euphorie et de leur « Plus haut » mais gardent un niveau au moins correct. Même l’automobile réalise un bon 1er trimestre 2023 comparé à 2022. Mais on est loin des niveaux de 2019.

Le contexte macroéconomique s’ancre dans l’instabilité

L’inflation qui devrait avoisiner les 5 % sur l’année n’est plus directement menée par les prix de l’énergie mais par l’augmentation des prix des services et par les coûts des dépenses quotidiennes comme l’alimentaire : les prix des denrées ayant augmenté en grande partie à cause du coût de l’énergie.
La confiance des ménages dans la situation économique reste dégradée et devrait le rester pour le 2e trimestre. Pour le 1er trimestre la consommation alimentaire par habitant a atteint son plus bas niveau depuis 1987.

Maintes fois crainte, attendue depuis longtemps, la déferlante de redressements judiciaires des entreprises n’est pas encore arrivée mais les défaillances augmentent de mois en mois sans être encore supérieures au niveau moyen pré-pandémique. La santé financière de beaucoup d’entreprises demeure une épée de Damoclès avec les conséquences attendues en dominos, pour toute la chaîne clients-fournisseurs. Les tensions géopolitiques sont encore très fortes. La guerre entre la Russie et l’Ukraine perdure. L’investissement direct à l’étranger se renforce entre pays « amis ». L’export marche bien pour les industriels mais les sanctions de l’UE contre la Russie bloquent des projets parfois très intéressants.

Au final, les industriels traitent l’activité au jour le jour dans une visibilité très restreinte et restent prudents malgré des chiffres actuels qui dans un autre contexte macroéconomique et géopolitique les laisseraient plutôt satisfaits. Le premier trimestre s’est mieux passé qu’attendu en raison des confortables carnets de commandes qui devraient être moins garnis dans les prochains mois. Les vraies questions se posent pour le 2e semestre même si les prévisions, en valeur, de l’ensemble des professions restent positives pour l’année à ce jour.

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